Pays de la Loire. Les réseaux de distribution électrique face au défi de la transition énergétique

La chambre régionale des comptes Pays de la Loire a conduit entre 2022 et 2024, plusieurs contrôles portant sur la thématique des réseaux de distribution d’électricité et la transition énergétique : le département de la Sarthe, le syndicat départemental d’énergie de Loire-Atlantique (SYDELA-Territoire d’énergie 44), le syndicat intercommunal d’énergies de Maine-et-Loire (SIEML), le syndicat Territoire d’énergie Mayenne (TEM) et la société anonyme d’économie mixte locale Alter énergies.

Les réseaux électriques sont divisés en un réseau de transport dont la gestion est confiée à RTE (réseau de transport d’électricité) en charge de la très haute tension et de l’équilibre général du système, et un réseau de distribution, propriété des communes, autorités organisatrices de la distribution d’électricité (AODE), majoritairement concédé à Enedis, qui gère la moyenne et la basse tension jusqu’au client final. L’usager final dispose ensuite du choix de son fournisseur. Les communes se sont regroupées le plus souvent en syndicats d’énergie pour exercer en commun la compétence d’AODE. La loi du 7 décembre 2006 prévoit la création d’une AODE unique par département. Cette configuration institutionnelle ne se retrouve pas partout dans les Pays de la Loire puisque la Loire-Atlantique en compte cinq et la Sarthe deux. La Sarthe ne compte pas de syndicat d’énergie, le département exerce la compétence pour tout le territoire, excepté la commune du Mans. Les configurations institutionnelles complexes de ces deux départements ne permettent pas de fédérer l’ensemble des collectivités pour élaborer une stratégie globale incluant la transition énergétique. L’objectif de transition énergétique bouleverse le rôle des réseaux de distribution dans la mesure où ils pourraient accueillir en 2050 entre 20 et 50 % de production locale d’électricité, d’origine renouvelable, pour à peine 12,5 % en 2020. Le raccordement des énergies renouvelables au réseau de distribution (dans 95 % des cas) confère à ces réseaux une nouvelle fonction d’assurance du consommateur en cas de défaillance de la production locale (absence de vent ou de soleil). La gestion de ces nouveaux flux entraîne en conséquence une augmentation des raccordements nécessitant de nombreux travaux d’infrastructures du réseau de distribution.

Orienter les investissements face au changement climatique

L’adaptation du réseau de distribution électrique aux transformations induites par la transition énergétique nécessitera dans chaque département des investissements supplémentaires annuels de l’ordre de plusieurs dizaines de millions d’euros d’ici 2050. Le coût final dépendra des choix des pouvoirs publics en matière de mix énergétique entre le nucléaire et les énergies renouvelables. Même si ce volume est sans rapport avec les capacités financières actuelles des acteurs (AODE et Enédis), ils doivent améliorer la prise en compte de cet enjeu dans leurs stratégies d’investissement, en les priorisant davantage à l’aune de ce critère. Le taux d’enfouissement plus faible que la moyenne nationale et le taux de vétusté des ouvrages en augmentation en Sarthe, Mayenne et Maine-et-Loire accroît la vulnérabilité des réseaux de distribution dans le contexte du changement climatique, lequel augmente la fréquence et l’intensité des épisodes extrêmes (tempêtes, inondations, canicules, etc.) et fragilise les réseaux en même temps qu’il les rend indispensables.

Amplifier les résultats

La région Pays de la Loire compte une seule centrale thermique (centrale à charbon de Cordemais en Loire-Atlantique), aucune centrale nucléaire ni centrale hydraulique. La consommation du territoire est donc satisfaite principalement par l’électricité produite hors du territoire régional En 2022, seulement 22 % des besoins en électricité de la région ont été couverts par le parc de production régional. Les performances des territoires contrôlés en matière de production d’énergie renouvelable sont très contrastées. La part de la consommation électrique couverte par les énergies renouvelables en 2021 reste très inférieure à l’objectif de 33 % en 2030 fixé par la loi énergie et climat du 8 novembre 2019. La Sarthe se situe à un niveau très inférieur à la moyenne régionale : 7,5 % contre 13,9 %. L’atteinte des objectifs fixés par la stratégie nationale bas carbone suppose une forte accélération de la production d’énergie renouvelable qui nécessite que les acteurs du territoire s’organisent pour faciliter la mise en œuvre des projets.

Pour aller plus loin : Retrouvez la publication complète sur https://www.ccomptes.fr/fr/publications/les-reseaux-de-distribution-electrique-au-defi-de-la-transition-energetique-quatre-cas.

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