Maine-et-Loire. Feu d’artifice mortel à Cholet : le maire, l’artificier et l’organisation face à la justice

Le maire de Cholet, Gilles Bourdouleix, et quatre autres prévenus devaient être jugés à partir de ce lundi devant le tribunal correctionnel d'Angers pour homicides et blessures involontaires après la mort d'une jeune femme et de son petit frère lors du feu d'artifice du 14 juillet 2022. L'artificier principal et son employeur, la société HTP, ainsi que l'association Cholet Evénements et son vice-président sont jugés pour les mêmes faits. Toutefois, le procès a été renvoyé lundi par le tribunal correctionnel d'Angers. Le procès se tiendra finalement du 17 au 21 novembre 2025.

Le maire, absent de l’audience lundi matin pour raisons médicales, l’artificier principal et son employeur, la société HTP, ainsi que l’association Cholet Evénements et son vice-président devaient comparaître jusqu’au 28 février, mais le tribunal a finalement ordonné un supplément d’information. Celui-ci concerne notamment un document fourni dans ses conclusions par la défense de M. Bourdouleix, qui montrerait que le maire avait délégué ses fonctions en matière de police municipale à son adjoint en 2021. « Il me paraît opportun, judicieux, qu’ait lieu ce supplément pour faire toute la lumière sur ce que nous avons fourni en matière de demande de relaxe », a plaidé Me Olivier Rolland, avocat du maire de Cholet. Le procureur de la République, Eric Bouillard, a appuyé la demande de supplément d’information, estimant que le procès avait « besoin d’une vérité complète » pour se tenir.

Deux victimes dans l’accident

Le soir du drame, un garçon de sept ans et sa sœur de 24 ans avaient été tués par plusieurs projectiles tombés au milieu d’un groupe de spectateurs à quelques dizaines de mètres du pas de tir, zone qui aurait dû être interdite au public. Leur mère, leur père et le compagnon de la jeune femme avaient été gravement blessés. Douze autres personnes avaient subi des blessures plus légères. Il était à l’issue de l’enquête reproché au maire de Cholet « d’avoir manqué à ses obligations en délégant à une association l’organisation du feu d’artifice, en négligeant d’examiner avec les organisateurs les questions de sécurité (…) et en n’imposant pas la mise en place de barrières de sécurité » afin d’assurer « le respect de la zone de sécurité à l’intérieur de laquelle aucun public ne devait se trouver ». Quant à l’artificier et son employeur, il leur est reproché d' »avoir tiré un feu d’artifice alors que des personnes se trouvaient dans une zone interdite au public et d’avoir utilisé du matériel inadapté ou en mauvais état ». Enfin, l’association Cholet Evénements est visée pour « n’avoir pas mis en place un dispositif visant à assurer le respect de la zone de sécurité à l’intérieur de laquelle aucun public ne devait se trouver et de ne pas avoir attiré suffisamment l’attention du maire de Cholet sur les prérogatives à mettre en œuvre ».

Avec AFP

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